Réalisation : Equivog Théâtre d’Aventure
Mise en scène, adaptation : Gisèle MARTINEZ
Direction d'acteurs : Silvy BAILLY
Jeu et manipulation : Mike Reveau PEIFFER, Éric BRUNEL
Musique : Blaze Malade
Résumé
Deux clowns montent sur une scène traînant derrière eux de drôles d’engins roulants. Pendant que l’un installe cet étrange bric-à-brac, les accessoires du spectacle, l’autre déclame les vertus du théâtre, tant il se doit à son «très cher et bien-aimé public ». Son comparse le traite d’hypocrite et le ramène à sa condition triviale : il est là pour manger, et ne sait rien faire d’autre. Expérimentant accessoires et marionnettes, ces deux caractères antinomiques s’accordent sur la distribution des rôles. Ils resserrent l’intrigue sur les rapports entre Orgon, Elmire, Tartuffe, Dorine et Cléante et transposent la pièce à notre époque. La répétition peut commencer.
Intention
Le dispositif scénique bouscule la traditionnelle représentation en costume et s’inspire de Philippe Caubère, Cartoun Sardines Théâtre, James Thierrée et Jacques Tati. Sur la scène vide, les deux clowns amènent leurs bagages remplis d’images d’actualité, de créations sonores et vidéos, d’accessoires et de décor. Entre eux se joue la dualité dominant/dominé, tel le couple Orgon/Tartuffe, où tous les moyens sont bons pour s’imposer à l’autre. La figure du clown, populaire et associée à l’enfance, accentue la dimension humaine, sa fragilité. Les marionnettes servent à interpréter les cinq personnages. Construites à partir d’objets de notre quotidien, elles répondent à l’univers de la Cie, basé sur le détournement. Les comédiens s’y glissent comme dans des vêtements. Ils réécrivent l’œuvre, interprètent indifféremment les personnages, manipulent les marionnettes, gèrent la lumière et le son. Molière précise dans son introduction que « l'hypocrisie est dans l'État, un vice bien plus dangereux que tous les autres ». Cette phrase nous ramène à notre époque, à l’usage qui est fait des pouvoirs économique, financier, politique et religieux. Le faux dévot revient sous les feux de la rampe, sa bourse doit se remplir. Malgré la beauté de ses grands discours, il respecte peu l’Homme.
En s’attaquant pour la première fois à un classique la Cie Equivog propose une adaptation qui offre la possibilité de jouer dans des lieux peu accessibles à ce genre de pièce : collèges, lycées, petites salles communales, rue....
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